China Driftings - © Catherine GFELLER
CHINA  DRIFTINGS
游走中国 - 城市系列
Catherine Gfeller
Les femmes et les mégalopoles chinoises

Mon projet croise les axes de la femme chinoise et des mégapoles. Il se déroule en trois étapes:

PRISE DE VUE SUR PLACE
Dans un premier temps, je séjourne dans chaque ville, Guangzhou, Hong Kong, Shanghai, Chengdu et Pékin afin de réaliser les prises de vue. Des rencontres avec une dizaine de femmes issues de générations et d’horizons professionnels variés sont organisées afin d’échanger en profondeur avec elles avant de les filmer. Comment les femmes chinoises éprouvent-elles ces nouvelles formes de vie et trouvent-elles un ancrage dans les mégapoles ?

J’ai constaté que les citadins chinois ont presque toutes et tous des origines rurales. Leurs parents vivent encore dans des villages parfois très reculés.
Je réalisé des prises de vue dans la province du Yunnan. Ce grand écart, entre mégapoles et paysages, nourrit mon projet de manière expressive, contrastée- parfois énigmatique.

En les mettant en scène au milieu des paysages urbains et naturels, je déambule avec les protagonistes que j’ai choisies.
Je les photographie, les filme, et enregistre leurs paroles survenues au cours de notre dialogue en mouvement.

   

S’ouvrir à cette Chine en mutation à travers le regard des femmes répond à une triple exigence:
- Faire écho à la route de la Soie sous son aspect culturel
- Donner à voir le rôle des femmes en Chine
- Inventer de nouvelles formes d’échanges artistiques entre la France et l’Empire du Milieu


ÉLABORATION, CONCEPTION, COMPOSITION
De retour dans mon atelier, je procéderai au tri du matériel pris sur place. S’ensuivra un long travail de composition pour créer des œuvres qui mêlent larges frises photographiques, séquences vidéo, pièces sonores et écriture de textes.

Les récits des femmes chinoises seront représentés de manière poétique, sensorielle, jouant sur les associations d’images fixes et d’images en mouvement, de bruits urbains, de sons naturels, de voix, de mots entrecroisés ou de silences.


Mon but n’est pas de faire un reportage documentaire, mais de m’inspirer de la réalité observée afin de l’incarner dans une vision artistique, reconstruite, parfois transformée en fiction. Il s’agira aussi d’élaborer une scénographie pour chaque lieu d’accueil.

SCÉNOGRAPHIE
La dernière étape sera consacrée à la mise en place de la scénographie de l’exposition, conçue comme un voyage.

Le public sera immergé au milieu de photographies, de vidéos, de textes et d’installations sonores installées dans les salles du musée, sur les murs, les sols et les plafonds dans une mise en scène qui réinvente la ville. Les visiteurs seront ainsi plongés dans l’univers foisonnant des mégapoles en suivant un parcours qui sollicite leurs sens de manière fluide, sensuelle, imaginaire, onirique.


Dans la dernière salle, ils s’arrêteront dans la contemplation de vastes paysages sauvages.

La nature inondera le dernier espace du musée par des installations de sculptures, de terre, de plantes, de photographies monumentales et d’un film. Ces paysages représentent une station finale où les pensées, les sensations, les visions trouvent leur espace de résonance - toujours à travers le prisme des femmes.